31 juillet 2005
 
Notre voyage débute en Ouzbékistan, puis en bus jusqu'à la frontière avec le Tadjikistan
 
Au poste frontière, des gens attendent patiemment, des bus plus ou moins brinquebalants et des voitures fatiguées, des ânes et des mules, des hommes chargés comme des baudets …
Ouzbeks et Tadjiks se faufilent dans notre groupe en nous souriant, ici la débrouille est reine, c’est à qui passera devant l’autre sans aucune gêne et sans respect de l’ordre d’arrivée. 
Des familles entières attendent endormies sur des cartons empilés les uns sur les autres, des gens modestes qui vivent du commerce, vaisselle, fruits, légumes etc..  entre les deux pays.

 
 

Pendjikent

 
Sur la route les villages traversés sont très modestes, les toits des maisons en tôle ondulée, les murs en bois. Le climat de la région est très rude, très froid l’hiver, caniculaire l’été. Les enfants nous font des signes amicaux en souriant. Un check point se présente en pleine ville. Notre minibus s’arrête, le chauffeur discute et on repart.

Le minibus commence hardiment sont ascension sur les routes chaotiques et poussiéreuses, il peine dans les côtes, le moteur chauffe, on est serrés comme des sardines, peu de place pour les jambes, les gens finissent par s’endormir dans une douce torpeur dodelinant de la tête un coup à droite un coup à gauche en fonction des virages.
 
Peu à peu la température baisse, en fin d’après midi le soleil a disparu, de paysages arides nous traversons des villages plus verdoyants, il y a probablement beaucoup de sources car il y a de nombreux peupliers.
 
Les montagnes du Pamir se profilent à l’horizon, et au loin, la neige …

Chourmash
   
Nous arrivons à Chourmash dans une maison d’hôtes construite en pisé. A l’entrée de vieux camions militaires, un jardin potager, le torrent qui gronde, les toilettes dans une cabane en pisé construite en contrebas près du torrent et où sont entassées des galettes de bouse de vache pour se chauffer l’hiver ; gîte simple et accueillant, très propre. Avant le repas, nous sortons faire un tour, « attention aux chiens » nous conseille notre interprète. Le conseil est bon : ne jamais sortir sans son bâton ….
 
Avant le dîner ballade dans le village, les gamins nous sourient et nous saluent en nous prenant pour des touristes russes, mais ici nous saluerons désormais d’un Assalam Aleïkoum qui nous ouvrira les portes de la gentillesse et de la curiosité tadjik …
 
Nuit reposante à six par chambre sur des nattes posées à même le sol.
 
1er août 2005
Première journée de trek : départ à 8h00, il fait déjà chaud. Nous n’avons pas assez d’eau dans nos gourdes, on nous a déconseillé celle du torrent à cause des animaux qui paissent en amont. Nous en trouverons plus loin. On grimpe, il fait de plus en plus chaud. Enfin un torrent où nous remplissons nos gourdes, ensuite il faut attendre une demi-heure que le Micropur fasse son effet. Enfin étancher sa soif.  
   
Notre guide s’appelle Goulmourad, il est Tadjik, habillé très modestement, ses chaussures sont de vieilles baskets grises et molles. Il ne quittera jamais son pull-over même sous la chaleur. Il a son bâton, le visage buriné, il croque des baies rouges en chemin, j’apprends qu’il travaille au Kolkhoze. Un gars taciturne père de dix enfants.      
 
Nous arrivons près du torrent où nous campons pour la nuit. L’eau est absolument glaciale mais se laver est un bonheur même si le fond de l’air est frais, il faut le faire sous le soleil.
 
En pleine nuit une des mules surnommées « castafiore » braie de façon effrayante, il faudra s’y habituer.
 
 
2 août 2005
 
On chemine sur des sentiers vers des villages perdus dans la montagne. Notre guide repère une vipère et s’acharne sur elle avec son bâton pour la tuer. Ici on n’est pas tendre avec les animaux. Chez nous les vipères sont protégées et ça me fait mal au cœur quand je vois qu’on lui coupe la tête ! Nos mules finissent par nous rejoindre sur le sentier, l’une d’elles trop chargée s’écroule avec lourdeur, les muletiers lui tapent dessus à coup de bâtons pour la relever mais rien n’y fait, il faudra la décharger pour qu’elle puisse se redresser. Elle aura comme ses congénères une bonne botte de chardons à déguster à l’arrivée !
 

Après le passage d’un ruisseau à gué, arrivée au premier village de pierres, nous sommes repérés de loin, une petite fille nous apporte un bol de yaourt, il est délicieux, bientôt d’autres bols tendus par des enfants arriveront, quel accueil ! Les gamins barbouillés aux yeux rieurs se pressent auprès de nous et rient de nous, sûrement nos tenues de trekkeurs ! Nous nous arrêtons près d’un torrent, non loin du magnifique lac Alaudin aux couleurs émeraude, chatoyant de nuances bleues et turquoies, une pure merveille.

     
3 août 2005

Au pied du Mont Chimtarga (5485 m)

 
Nous traversons un village où des russes campent, c’est un ancien camp militaire et il reste des vestiges de casernes. Le sentier grimpe raide vers le lac Mounty. Nous déjeunons au bord du lac, face au mont Chimtaga (5 485 m) et au glacier.  
           

4 août 2005

 

Montée par le col de Loudane (3 630m) et sublime descente à 3 000 m au lac Kouli-Kalon
Lac d’un bleu merveilleux entouré de montagnes et au fond l’énorme glacier. L’endroit est froid et humide, et il faut modérer ses efforts. La mule Castafiore nous fait encore une belle sérénade à la nuit tombée et fait braire ses congénères…

  
5 août 2005
 
Nous quittons cet endroit où je serais bien restée une nuit de plus tant le paysage est grandiose. Nous traversons quelques torrents à gué en sautant de pierre en pierre, derrière nous le somptueux glacier en fond de vallée. Ici les arbres ressemblent à des bonsaïs, les conditions climatiques sont difficiles pour la végétation.
 
Plus loin, des familles de bergers sont installées plusieurs mois pour l’alpage, je photographie leurs modestes abris de toiles et de bois, de bâches ; l’accueil de ces gens qui n’ont rien est absolument incroyable, la curiosité des enfants, le sourire des jeunes filles espiègles.
 
Nous arrivons sur les berges du lac à 2500 m d’altitude où une vingtaine de familles de bergers campent avec leurs vaches et leurs mules.
 
La nuit tombe, après le repas que l’on termine avec le génépi qu’a généreusement apporté ma copine ainsi qu’une sublime tablette de chocolat, le froid arrive, on fait bouillir l’eau pour les gourdes et personne ne traîne trop pour aller dormir. Mais ce soir, sérénade at night : les mules se mettent à braire comme d’habitude auxquelles ce soir là s’ajoutent des hurlements stridents dans la montagne (des gamins ?) les chiens se mettent à aboyer à leur tour en répondant à leur propre écho …mais quand cela va-t-il s’arrêter ? Finalement les boules Quiès et la fatigue de la journée feront leur effet et nous dormirons comme des loirs.
 
A 5h00 du mat, comme notre tente est installée en bordure du lac, réveil par des bruits de cruches que l’on remplit, des bruits de vaisselle, du passage de mules et d’un chien qui vient renifler notre tente, il a la délicatesse de se soulager un peu plus loin. J’essaye de me rendormir mais rien n’y fait.
 

Col de Zierat 

Départ à 8h00 précise , le sentier grimpe vers le col de Zierat en contrebas la vallée est magnifique avec ces deux lacs en écrin, ballade sur la crête, le paysage commence à ressembler à la Haute Provence. Premier arrêt près d’un campement de bergers et leurs familles, on nous offre le thé, le yaourt toujours délicieux, le pain, des bonbons. Nous les quittons en leur laissant des petits cadeaux.
 
Nous reprenons notre marche et peu après rencontrons de nouveau un campement de bergers et leurs familles, habitations de bâches diverses, la base est en pierres et la structure en bois. Nous goûtons là une délicieuse soupe au lait de chèvre qui surprend les papilles au premier abord (cela me fait penser au piquant du lait ribot) mais finalement délicieuse avec ses herbes.
 
Zourmetch
Nous arrivons en plein cagnard à Zourmetch et déjeunons chez l’habitant, la maison de pisé est immense et je remarque de belles poutres au plafond. Des tapisseries un peu kitch pour mon goût ornent les murs. Solide déjeuner de pâtes, pommes de terre, viande, pommes, le tout arrosé de thé. Des gamins du village se postent sur le mur en face et font les imbéciles pour nous faire rire à travers la fenêtre, nous sommes bien sûr l’attraction de la journée. C’est un honneur de recevoir chez soi des étrangers. Après ce copieux repas, rien de tel pour une sieste digestive à douze sur les tapis moelleux, personne ne bronche, on pique tous notre petit roupillon bien au frais. Nous quittons nos hôtes et sommes accompagnés de tous les gamins du village. Je photographie les maisons de pierres.
 
Ensuite ce sera une descente interminable sur la piste, le long de la montagne escarpée, dans le bruit fracassant du torrent.  
Il est évident que ces régions reculées sont bien équipées en électricité (héritage de l’Union Soviétique) et que cela est d’un grand confort pour les habitants, mais j’apprendrai que les postes au pyralène sont très dangereux pour l’écologie.
Les priorités ne sont pas d’ordre écologiques ici, il y en bien d’autres beaucoup plus importantes les unes que les autres.
 
 
8 août 2005
Départ matinal dans la fraîcheur, le ciel est dégagé
On suit la piste interminable sur des kilomètres et des kilomètres, chaos de rochers, torrent toujours grondant. Quelques passages sur des ponts de bois. Peu à peu le paysage se fait plus verdoyant, d’énormes pierres tombées de la montagne jalonnent le torrent ; je remarque la présence de grandes berces du Caucase. Nous sommes invités à pique niquer dans le jardin d’un berger tadjik. On s’installe à l’ombre, à côté le potager, la vigne, ici pas de problème d’eau, elle coule de partout de la montagne.


Nous repartons après avoir croisé quelques troupeaux de chèvres et des gens à dos de mule vous saluant la main sur le cœur ! et nous de répondre d’un joyeux Assalam !
 
 
 
8 août 2005
Col de Mounora 3250 m
 
Départ vers le col de Mounora à 3250 m, on se fait presque 1000 m de dénivelé dans la journée, le début de la montée se fait dans la fraîcheur matinale.
 
Là haut, un superbe rocher nous nargue et se dressant comme le minaret d’une mosquée.
Arrivée au campement, on est à 3100 m, toujours ce magnifique glacier en fond de vallée. Toilette toujours très rafraîchissante au ruisseau avant que le soleil ne nous réchauffe plus et ensuite sieste. Déception, il n’y a plus d’apéro la bouteille a été cassée lors du transport sur le dos d’une mule.
 
Nuit très fraîche, j’estime la température à vue de nez à 5 ou 8° C mais personne n’est d’accord.
 
9 août 2005
Montée vers le col de Touassang, 3300 m, rencontre avec des bergers qui nous proposent leur délicieux yaourt. 
  
Traversée de très jolis villages, maisons en pisé, les enfants poussent des cris de joie sur notre passage, d’autres montent sur les toits, nous remarquons que la plupart des femmes sont voilées, c’est la tradition de cette région.
 
Soudain nous apercevons le lac (le sixième des sept lacs que l’on peut apercevoir sur une carte du pays) Pour parvenir à notre campement, nous devons marcher sur cette piste interminable.
 
 
10 août 2005
Rochnayi Poyon
  
Longue descente le long de la piste qui serpente entre les sept lacs d’un bleu absolument incroyable. Nous arrivons à Rochnayi Poyon. Accueil chez le chef des muletiers Radiron. Il habite une grande maison en pisé, avec vigne, mûriers, jardin potagers, ruches et torrents en fond de jardin. La pièce réservée aux invités est immense, dans le mur le plus long sont prévues des niches pour y accumuler les coussins et les tissus. Nous y dormirons le soir, à douze, fenêtres ouvertes sur la nuit douce. 
   
11 août 2005
 
Après un au revoir à toute l’équipe des muletiers et à nos hôtes, retour en minibus vers Samarkand. Il faut à nouveau passer la frontière du Tadjikistan vers l’Ouzbékistan.
 
En route pour Samarkand !




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