Dimanche 27 novembre 2005
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31 juillet 2005
En route pour le Tadjikistan !
Au poste frontière, il ne faut pas être pressé, des gens partout attendent patiemment, des bus plus ou moins
brinquebalants et des voitures fatiguées, des ânes et des mules, des hommes chargés comme des baudets …
J’apprends que pour l’heure de la France il faut compter l’heure exacte, pour l’heure Ouzbek rajouter dix à quinze minutes, pour l’heure Tadjik rajouter une heure. Les passeports sont tamponnés, enregistrés et vérifiés par différentes personnes.
Je reconnais sur une affiche le portrait de Ben Laden parmi tous les individus recherchés par la police. Les Ouzbeks et les Tadjiks se faufilent dans notre groupe en nous souriant, ici la débrouille est reine, c’est à qui passera devant l’autre sans aucune gêne et sans respect de l’ordre d’arrivée.
J’apprends que pour l’heure de la France il faut compter l’heure exacte, pour l’heure Ouzbek rajouter dix à quinze minutes, pour l’heure Tadjik rajouter une heure. Les passeports sont tamponnés, enregistrés et vérifiés par différentes personnes.
Je reconnais sur une affiche le portrait de Ben Laden parmi tous les individus recherchés par la police. Les Ouzbeks et les Tadjiks se faufilent dans notre groupe en nous souriant, ici la débrouille est reine, c’est à qui passera devant l’autre sans aucune gêne et sans respect de l’ordre d’arrivée.
A la sortie du poste, une sorte de « piscine » en béton dans laquelle passent les véhicules,
désinfection ? Je regarde la campagne environnante où des paysans sont aux champs, les miradors et les premières montagnes majestueuses … truffées de mines près des frontières.
Du côté Tadjik des familles entières attendent endormies sur des cartons empilés les uns sur les autres, des gens
modestes qui vivent du commerce, vaisselle, fruits, légumes etc.. entre les deux pays. Du temps de l’URSS les échanges étaient plus faciles car il n’y avait pas de frontières.
Pendjikent : déjeuner dans un resto, une fontaine rafraîchit l’ambiance. Une de nos copines s’émeut
d’apercevoir au fond de l’eau des images pieuses …
Je m’avance intriguée. Il y a bien de très jolies images au fond de cette fontaine, elles représentent des
mosquées …. Et aussi des chameaux … Mais que font ces bouteilles de bière au frais ? Je plonge ma main dans l’eau jusqu’au coude, c’est bien ce que je pensais : des
étiquettes de bouteilles !
Sur la route les villages traversés sont très modestes, les toits des maisons en tôle ondulée, les murs en bois. Le climat de la région est très rude, très froid l’hiver,
caniculaire l’été. Les enfants nous font des signes amicaux en souriant. Un check point se présente en pleine ville. Notre minibus s’arrête, le chauffeur discute et on repart.
Le minibus commence hardiment sont ascension sur les routes chaotiques et poussiéreuses, il peine dans les côtes, le moteur chauffe, on est serrés comme des sardines, peu de place pour les jambes, les gens finissent par s’endormir dans une douce torpeur dodelinant de la tête un coup à droite un coup à gauche en fonction des virages. Peu à peu la température baisse, en fin d’après midi le soleil a disparu, de paysages arides nous traversons des villages plus verdoyants, il y a probablement beaucoup de sources car il y a de nombreux peupliers. Les montagnes du Pamir se profilent à l’horizon, et au loin, la neige …
Nous arrivons à Chourmash dans une maison d’hôtes construite en pisé. A l’entrée de vieux camions
militaires, un jardin potager, le torrent qui gronde, les toilettes dans une cabane en pisé construite en contrebas près du torrent et où sont entassées des galettes de bouse de vache pour se
chauffer l’hiver ; gîte simple et accueillant, très propre. Avant le repas, nous sortons faire un tour, « attention aux chiens » nous conseille notre interprète. Le conseil
est bon : ne jamais sortir sans son bâton ….
Avant le dîner ballade dans le village, les gamins nous sourient et nous saluent. Ma copine et moi, heureuses d’apprendre
quelques mots de Tadjik leur répondons de même … Au retour, fières de nous, nous évoquons nos exploits linguistiques à notre interprète qui se met à sourire … les enfants nous ont pris pour des
touristes russes et nous avons répété des mots russes sans le savoir… Nous avons compris la leçon, nous saluerons désormais d’un Assalam Aleïkoum qui nous ouvrira les portes de la
gentillesse et de la curiosité tadjik …
Nuit reposante à six par chambre sur des nattes posées à même le sol.
1er août 2005
Première journée de trek : départ à 8h00, il fait déjà chaud. Nous n’avons pas assez d’eau dans nos gourdes, on nous
a déconseillé celle du torrent à cause des animaux qui paissent en amont. Nous en trouverons plus loin. On grimpe, il fait de plus en plus chaud. Enfin un torrent où nous remplissons nos
gourdes, ensuite il faut attendre une demi-heure que le Micropur fasse son effet. Enfin étancher sa soif.
Notre guide s’appelle Goulmourad, il est Tadjik, habillé très modestement, ses chaussures sont de vieilles baskets grises
et molles. Il ne quittera jamais son pull-over même sous la chaleur. Il a son bâton, le visage buriné, il croque des baies rouges en chemin, j’apprends qu’il travaille au Kolkhoze. Un gars
taciturne père de dix enfants. Notre interprète Tadjik est une très jolie femme d’une trentaine d’années, elle a laissé mari et enfants à la ville. Nous aurons ensemble le temps de grandes
discussions, elle parle très bien le français et le russe. Une personne cultivée et intelligente.
Déjeuner sur l’herbe, pain, sardines en boîtes, pastèque ou pomme et thé, ce sera l’invariable menu de nos déjeuners, je
ne suis pas difficile mais la seule denrée qui ne passera pas sera le corneed beef ! « de vieux stocks de l’armée russe » dirons nos compatriotes en blaguant.
Mais nous aurons à déplorer le fait qu’il ne soit pas possible de prévoir l’achat de produits frais dans les villages.
Une organisation en amont aurait pu être faite et ce n’était pas le cas, le pain sera très dur après onze jours ! Mais bon, je le répète, on ne se plaint pas et on
avance !
Nous arrivons près du torrent où nous campons pour la nuit. L’eau est absolument glaciale mais se laver est un bonheur
même si le fond de l’air est frais, il faut le faire sous le soleil. Dans l’après midi une camionnette s’arrête près de nos tentes, en descend un gars excité et furieux, une discussion animée
s’engage entre lui, notre guide et notre interprète. Il est le chef du Kolkhoze et n’apprécie absolument pas notre présence ici, les muletiers ont laissé leurs bêtes brouter dans ses champs. On
nous dira par la suite qu’il était complètement ivre. Les plus jeunes gars qui l’accompagnaient viendront par la suite s’excuser du désordre provoqué par leur aîné et nous proposerons avant de
repartir, de boire un verre de vodka …
En pleine nuit une des mules surnommées « castafiore » braie de façon effrayante, il faudra s’y habituer. On
les aime bien, elles portent nos sacs de voyage, au moins trois par bête, j’ai calculé que cela faisait au moins cinquante kilos de charge.
2 août 2005
On chemine sur des sentiers vers des villages perdus dans la montagne. Notre guide repère une vipère et s’acharne
sur elle avec son bâton pour la tuer. Ici on n’est pas tendre avec les animaux. Chez nous les vipères sont protégées et ça me fait mal au cœur quand je vois qu’on lui coupe la
tête ! Nos mules finissent par nous rejoindre sur le sentier, l’une d’elles trop chargée s’écroule avec lourdeur, les muletiers lui tapent dessus à coup de bâtons pour la relever mais
rien n’y fait, il faudra la décharger pour qu’elle puisse se redresser. Elle aura comme ses congénères une bonne botte de chardons à déguster à l’arrivée !
Après le passage d’un ruisseau à gué, arrivée au premier village de pierres, nous sommes repérés de loin, une petite
fille nous apporte un bol de yaourt, il est délicieux, bientôt d’autres bols tendus par des enfants arriveront, quel accueil ! Les gamins barbouillés aux yeux rieurs se pressent auprès de
nous et rient de nous, sûrement nos tenues de trekkeurs ! Nous nous arrêtons près d’un torrent, non loin du magnifique lac Alaudin aux couleurs émeraude.
Les tentes sont montées en évitant les nombreuses caillasses, le sol est un peu en pente, on parlemente beaucoup pour
trouver en si peu d’espace l’endroit idéal.
La plupart de nos compatriotes ont décidé de se faire un col car pour eux l’itinéraire prévu n’a pas été respecté. Ma
copine et moi, notre interprète et un jeune muletier nous accompagnent pour une ballade au lac Alaudin. Couleurs sublimes de bleu, de vert, d’émeraude, de turquoise, scintillant à flan de
montagne, c’est une pure merveille !
Des cuisiniers tadjiks venus de Pendjikent y campent pour les vacances, ils se sont fait deux feux de camp avec des
pierres, sur l’un mijote de la soupe et sur l’autre grille du poisson. Ils n’hésitent pas en milieu d’après midi à nous proposer un petit verre de vodka. Ma copine qui est un peu barbouillée
me demande de décliner l’invitation ce que nous faisons. Notre interprète gênée par notre refus discute un moment avec eux, ils sont déçus. Il est toujours très difficile de refuser une
invitation au Tadjikistan.
3 août 2005
Nous traversons un village où des russes campent, c’est un ancien camp militaire et il reste des vestiges de casernes. Le
sentier grimpe raide vers le lac Mounty. Nous déjeunons au bord du lac, face au mont Chimtaga (5 485 m) et au glacier.
Bientôt arrivent les taons, il faut se protéger de leurs piqûres et finalement on lève
le camp. Nous croisons un campement de russes et de lituaniens, venus faire de l’alpinisme, l’endroit près du lac est très venté et glacial la nuit.
4 août 2005
Montée par le col de Loudane (3 630m) et sublime descente à 3 000 m au lac Kouli-Kalon où j’oublie ma fatigue
et les sardines de midi que je n’ai toujours pas digérées.
Lac d’un bleu merveilleux entouré de montagnes et au fond l’énorme glacier. L’endroit est froid et humide, et il faut modérer ses efforts. La mule Castafiore nous fait encore une belle sérénade à la nuit tombée et fait braire ses congénères…
5 août 2005
Nous quittons cet endroit où je serais bien restée une nuit de plus tant le paysage est grandiose. Nous traversons
quelques torrents à gué en sautant de pierre en pierre, derrière nous le somptueux glacier en fond de vallée. Ici les arbres ressemblent à des bonsaïs, les conditions climatiques sont
difficiles pour la végétation.
Plus loin, des familles de bergers sont installées plusieurs mois pour l’alpage, je photographie leurs modestes abris de
toiles et de bois, de bâches ; l’accueil de ces gens qui n’ont rien est absolument incroyable, la curiosité des enfants, le sourire des jeunes filles espiègles.
Nous arrivons sur les berges du lac à 2500 m d’altitude où une vingtaine de familles de
bergers campent avec leurs vaches et leurs mules.
Nous montons nos tentes près du second lac en contrebas, les enfants curieux nous suivent, ils sont partout, je me pose à
l’entrée de la tente avec mon carnet de voyage et suis aussitôt entourée de deux adorables demoiselles. Ces espiègles se nomment Moutriba et Chaanoza, elles me dictent leur nom que j’écris sur
mon carnet et scrutent curieuses l’intérieur de notre humble habitacle.
Balade autour du lac, le jeu des gamins est de grimper en haut d’immenses versants pierreux et de jeter en contrebas
d’énormes pierres, le bruit de la chute est absolument effrayant. Super terrain de jeux que la montagne ! Au retour concours de ricochets avec trois garçons délurés, beaucoup plus doués
que nous.
La nuit tombe, après le repas que l’on termine avec le génépi qu’a généreusement apporté ma copine ainsi qu’une sublime
tablette de chocolat, le froid arrive, on fait bouillir l’eau pour les gourdes et personne ne traîne trop pour aller dormir. Mais ce soir, sérénade at night : les mules se mettent à braire
comme d’habitude auxquelles ce soir là s’ajoutent des hurlements stridents dans la montagne (des gamins ?) les chiens se mettent à aboyer à leur tour en répondant à leur propre écho …mais
quand cela va-t-il s’arrêter ? Finalement les boules Quiès et la fatigue de la journée feront leur effet et nous dormirons comme des loirs.
A 5h00 du mat, comme notre tente est installée en bordure du lac, réveil par des bruits de
cruches que l’on remplit, des bruits de vaisselle, du passage de mules et d’un chien qui vient renifler notre tente, il a la délicatesse de se soulager un peu plus loin. J’essaye de me
rendormir mais rien n’y fait.
Départ à 8h00 précise , le sentier grimpe vers le col de Zierat en contrebas la vallée est magnifique avec ces deux
lacs en écrin, ballade sur la crête, le paysage commence à ressembler à la Haute Provence.
Premier arrêt près d’un campement de bergers et leurs familles, on nous offre le thé, le
yaourt toujours délicieux, le pain, des bonbons. Nous les quittons en leur laissant des petits cadeaux.
Nous reprenons notre marche et peu après rencontrons de nouveau un campement de bergers et leurs familles, habitations de
bâches diverses, la base est en pierres et la structure en bois. Nous goûtons là une délicieuse soupe au lait de chèvre qui surprend les papilles au premier abord (cela me fait penser au piquant
du lait ribot) mais finalement délicieuse avec ses herbes.
Nous arrivons en plein cagnard à Zourmetch et déjeunons chez l’habitant, la maison de pisé est immense et je
remarque de belles poutres au plafond. Des tapisseries un peu kitch pour mon goût ornent les murs. Solide déjeuner de pâtes, pommes de terre, viande, pommes, le tout arrosé de thé. Des gamins du
village se postent sur le mur en face et font les imbéciles pour nous faire rire à travers la fenêtre, nous sommes bien sûr l’attraction de la journée. C’est un honneur de recevoir chez soi des
étrangers. Après ce copieux repas, rien de tel pour une sieste digestive à douze sur les tapis moelleux, personne ne bronche, on pique tous notre petit roupillon bien au frais. Nous quittons nos
hôtes et sommes accompagnés de tous les gamins du village. Je photographie les maisons de pierres.
Ensuite ce sera une descente interminable sur la piste, le long de la montagne escarpée, dans le bruit fracassant du
torrent. Il est temps d’arriver au campement, le vent se lève, l’orage gronde. La technique est rodée, on sait monter la tente en un temps record. J’ai une peur bleue de ce torrent si proche en
contrebas à quelques enjambées de notre campement et je n’apprécie pas de dormir sous les poteaux électriques en bois. La nuit est assez arrosée, je remarque que les muletiers n’ont pas de
tente, ils dormiront sous des bâches ; je m’en émeut sur le moment et je réalise que ce sont peut être les habitudes du pays ?
Il est évident que ces régions reculées sont bien équipées en électricité (héritage de l’Union Soviétique) et que cela
est d’un grand confort pour les habitants, mais j’apprendrai que les postes au pyralène sont très dangereux pour l’écologie.
Les priorités ne sont pas d’ordre écologiques ici, il y en bien d’autres beaucoup plus importantes les unes que les
autres.
8 août 2005
Départ matinal dans la fraîcheur, le ciel est dégagé
On suit la piste interminable sur des kilomètres et des kilomètres, chaos de rochers, torrent toujours grondant. Quelques
passages sur des ponts de bois. Peu à peu le paysage se fait plus verdoyant, d’énormes pierres tombées de la montagne jalonnent le torrent ; je remarque la présence de grandes berces du
Caucase. Nous sommes invités à pique niquer dans le jardin d’un berger tadjik. On s’installe à l’ombre, à côté le potager, la vigne, ici pas de problème d’eau, elle coule de partout de la
montagne.
Nous repartons après avoir croisé quelques troupeaux de chèvres et des gens à dos de mule vous saluant la main sur le cœur ! et nous de répondre d’un joyeux Assalam !
Mais bientôt le temps se fait à nouveau menaçant, l’orage gronde encore, on se dépêche et nous devenons vite des supers
pros du montage express de tente ! On s’écroule crasseuses sur nos matelas et l’on s’endort une bonne heure et demi en attendant que la pluie s’arrête. On tient absolument à se laver, j’ai
des chaussettes dans un sac en plastique, il a gonflé avec la chaleur et l’odeur est quelque peu pestilentielle. Toilette et lessive au bord du torrent, on ne traîne pas … les doigts attrapent
vite l’onglée ! Mais on se lave tout de même les cheveux, exploit assez pénible au moment du rinçage…. Et tout à coup l’eau du torrent devient marron elle charrie les boues descendues de la
montagne après la pluie. Apéro à 18h30 d’un reste de Ricard et ensuite, préparée par notre cuisinière tadjik, habituelle soupe aux oignons et pommes de terre flottant dans l’huile. Avec
quasiment les mêmes ingrédient, le chef des muletiers concocte à son équipe des plats succulents y ajoutant son talent de cuisinier inventif ….et ça sent bon chez eux … Allez on ne râle
pas !
8 août 2005
Départ vers le col de Mounora à 3250 m, on se fait presque 1000 m de dénivelé dans la journée, le début de la montée se
fait dans la fraîcheur matinale. Une heure plus tard, nous rencontrons un campement de bergers, ils veulent nous inviter à boire un thé et plus si grande faim mais le cœur n’y est pas, on a envie
de continuer et visiblement ils sont déçus, seuls deux de nos compatriotes resteront avec eux et comme il et elle sont de bons montagnards il nous rattraperont. La montée est exigeante, sur les
dernières centaines de mètres, il n’y a plus de sentier, et ce superbe rocher qui nous nargue là-haut et se dressant comme le minaret d’une mosquée.
Arrivée pénible au col, je m’écroule épuisée, mais la vue est magnifique !
Après le déjeuner sieste au soleil emmitouflée dans mon anorak, sur les cailloux, la tête sur mon sac à
dos.
Arrivée au campement, on est à 3100 m, toujours ce magnifique glacier en fond de vallée. Toilette toujours très
rafraîchissante au ruisseau avant que le soleil ne nous réchauffe plus et ensuite sieste. Déception, il n’y a plus d’apéro la bouteille a été cassée lors du transport sur le dos d’une mule.
Nuit très fraîche, j’estime la température à vue de nez à 5 ou 8° C mais personne n’est d’accord.
9 août 2005
Montée vers le col de Touassang, 3300 m, rencontre avec des bergers qui nous proposent leur délicieux yaourt. On repart
et à nouveau, dans un second campement, re-arrêt re-yaourt délicieux.
Les enfants courent de partout en riant, je me souviens de ce moment là, j’ai trouvé incroyable et merveilleux le fait
d’avoir été accueillis par des mains tendues, quatre femmes en fille indienne, souriantes et confiantes, l’une d’elles plus âgée m’a émue, je ne saurais expliquer pourquoi, cette chaleur, cette
humanité dans son regard !
Nous sommes tous entrés en file indienne après nous être déchaussés, dans leur humble cabane de bois et de toiles. Un
bébé dormait dans un berceau de bois recouvert d’une épaisse toile à matelas et suspendu depuis le plafond. Il ne s’est même pas réveillé malgré notre présence un peu bruyante. La maman s’est
assise près de moi, elle nous a expliqué qu’elle avait attendu 18 ans avant de l’avoir, elle semblait heureuse et comblée.
Nous repartons en leur laissant de petits présents (stylos, petits bijoux, pins) mais c’est mon premier trek si loin , ce
n’est pas toujours évident d’évaluer les besoins des populations si lointaines en sachant que nous sommes limités parle poids des bagages. J’essayerai de me renseigner pour le prochain
voyage (brosses à dents ? piles et des pellicules photos comme ils nous ont demandé, mais là ça se complique pour les piles car on sait qu’elles ne seront pas recyclées …) Un de nos
compatriotes a apporté des lunettes de soleil, il faut voir les muletiers les porter avec fierté !
Nous repartons vers le col, il fait déjà très chaud, la montée est difficile mais je commence à m’habituer à la
grimpette, il faut marcher doucement à son rythme. Au col, un vent glacial, on aperçoit ce jour là quelques rapaces. Et redescente pour déjeuner au soleil et à l’abri du vent.
Traversée de très jolis villages, maisons en pisé, les enfants poussent des cris de joie sur notre passage, d’autres
montent sur les toits, nous remarquons que la plupart des femmes sont voilées, c’est la tradition de cette région.
Soudain nous apercevons le lac (le sixième des sept lacs que l’on peut apercevoir sur une carte du pays) Pour parvenir à
notre campement, nous devons marcher sur cette piste interminable.
Sur notre chemin nous croisons une jeep, un couple d’allemand et leur guide tadjik, ils voyagent pour le compte d’une une
association humanitaire afin de promouvoir l’artisanat et le développement touristique dans la région.
10 août 2005
Longue descente le long de la piste qui serpente entre les sept lacs d’un bleu absolument incroyable. Nous arrivons à
Rochnayi Poyon. Accueil chez le chef des muletiers Radiron. Il habite une grande maison en pisé, avec vigne, mûriers, jardin potagers, ruches et torrents en fond de jardin. La
pièce réservée aux invités est immense, dans le mur le plus long sont prévues des niches pour y accumuler les coussins et les tissus. Nous y dormirons le soir, à douze, fenêtres ouvertes sur la
nuit douce.
L’après midi est prévue pour une ballade dans le village. Première invitation après une demi-heure chez un de nos
muletiers pour y boire le thé, déguster du bon miel, partager le pain et une très bonne omelette aux oignons … la maison est propre et modeste, l’accueil chaleureux, mais nous sommes repus
et donnons congé à nos hôtes après une petite heure. Mais avant de repartir, photo de la petite famille, une dizaine d’enfants et la maman d’une cinquantaine d’année, qui se cache le visage
derrière son foulard, non par timidité, mais tout simplement parce qu’elle n’a presque plus de dents…
Ballades le long du ruisseau, visite de l’épicerie locale, et détour dans une ruelle où nous sommes attendus chez un
autre muletier, heureux et flatté de recevoir lui aussi des étrangers dans sa maison. L’endroit est plus cossu, les murs de la pièce principale sont recouverts de boiseries, il a un magnétoscope
et la télé. Thé, gâteaux, sucreries … nous sommes gavés et commençons sérieusement à piquer du nez quand on allume le magnétoscope sur une émission de variétés enregistrée ouzbek très kitch et
ensuite un film indien à l’eau de rose … mais il est temps de laisser nos hôtes … et continuer notre promenade mais un autre muletier nous invite et re-belote il faut y aller…. café, gâteaux,
viande de bœuf froide … l’hospitalité tadjik n’est pas un vain mot…. Nous rentrons repus ….
11 août 2005
Après un au revoir à toute l’équipe des muletiers et à nos hôtes, retour en minibus vers Samarkand. Il faut à
nouveau passer la frontière du Tadjikistan vers l’Ouzbékistan, un endroit triste et glauque. Remplissage des formulaires en russe en deux exemplaires, qu’il faut présenter avec le premier
formulaire d’entrée en Ouzbékistan qui est en anglais, ça permet de cocher les mêmes cases sans se tromper !
En route pour Samarkand !
Par Balladine
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Publié dans : Tadjikistan
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