Paris- Tachkent 5139 km
Visite du marché, je remarque particulièrement de lourds et élégants manteaux d’hiver pour les hommes, ainsi que des vêtements de cérémonie très bariolés.
Nous commençons notre visite par le marché , sous l’orage, des trombes d’eau comme il n’en est pas tombé depuis des mois, un déluge d’eau marron dévale bruyamment des gouttières … c’est le plus fameux marché d’Ouzbékistan, et Bernard Ollivier dans son livre Longue marche II. Vers Samarcande en parle mieux que quiconque « Comme tous les bazars orientaux, celui-là regroupe les marchands par spécialité. Marché des épices, des graines, des légumes, des fruits frais, des sucres, des fruits secs, du matériel agricole, de l’équipement des maisons, des tapis, des objets religieux, des vêtements … Il n’y a pas un, mais dix, cent bazars. S’y ajoutent des vendeurs ambulants qui offrent vêtements traditionnels ou rouleaux de ficelle, ou encore des samsas tout juste sortis du four. Comme une étrave fend l’onde qui s’écarte et se referme sitôt le bateau passé, les commis se fraient dans la foule un chemin pour leur chariot débordant de nippes, de ferrailles ou de victuailles … »
La mosquée Bibi Khanum.
Bibi Khanum était la femme préférée de Tamerlan, fille de l’empereur de Chine.
L'immense coupole bleue de la mosquée surgit derrière le marché, impressionnante de beauté « son dôme serait unique s’il n’y avait les cieux et unique serait son portail s’il n’y avait la voie
lactée »
Le Gour Emir, grandiose mausolée de Tamerlan, la coupole intérieure est absolument magnifique, recouverte de feuilles d’or et de papier mâché en relief. Reposent également dans ce mausolée, ses fils et petits fils dont le préféré, le célèbre astronome et physicien, poète et homme politique Oulougbek.
Le Registan qui veut dire « place du sable » où avaient notamment lieu
les exécutions, entourée de quatre minarets. C’était autrefois une place stratégique où avaient lieu toutes les manifestations publiques
La madrasa Chir Dor érigée deux siècles plus tard est étonnante avec ses deux superbes tigres-lion ornant son portail. Mais ce qui est décevant en Ouzbékistan c’est la présence d’échoppes, de magasins de souvenirs et d’antiquités dans les mosquées et lieu de visite. Cela gâche malheureusement la solennité de ces lieux chargés d’histoire. L’après midi visite de l’observatoire d’Oulougbek, Il ne reste que la partie souterraine d’un sextant géant construit par ce grand astronome, mais aussi mathématicien et poète. A cette époque où les télescopes n’existaient pas Oulougbek écrivit un catalogue astronomique où il recensa la position de plus de mille étoiles.
La nécropole Shah-I-Zinda : innombrables mausolées tous plus superbes les uns que les autres et notamment l’un deux, magnifique dans lequel repose le cousin du prophète Mohamet. Ces lieux sont tellement chargés d’histoire qu’il faudrait beaucoup de temps pour flâner entre ces superbes constructions aux différentes techniques décoratives et tant de styles architecturaux allant du XI au XVème siècle …
Le Mausolée Al Boukhari, à une trentaine de kilomètres au nord de Samarkand, du nom d’un des saints les plus vénérés d’Ouzbekistan, c’est un haut lieu de pèlerinage après La Mecque, entièrement rasé et reconstruit par le président (dictateur) Karimov en 1998, l’ensemble architectural est un peu clinquant mais une ambiance de calme y règne, le recueillement des fidèles est touchant et inspire le respect. Un immam accompagne les fidèles qui, après la prière, lui glissent un billet dans les mains. Notre guide nous explique que la moitié des travaux ont été payés par l’Arabie Saoudite. Je flâne dans les boutiques avoisinantes et manque de craquer pour l’achat d’une horloge en plastique verre pomme de la forme d’une mosquée.
Arrivée à
Boukhara par des petites ruelles poussiéreuses, sous une chaleur étouffante, impression d’un monde médiéval et lointain … Elle était une des villes les plus importantes de la
route de la soie où tous les commerçants s’arrêtaient.
Arrivée dans notre hôtel : après avoir poussé une majestueuse porte de bois, on se retrouve dans une cour intérieure bordée d’un iwan (auvent ou terrasse couverte dont le toit repose sur des colonnes de bois sculptées) une vigne rafraichit l’atmosphère au-dessus du charpaia (sorte de grand lit de bois recouvert de coussins sur lequel on peut prendre des collations ou se reposer)
Cette maison date
de 1869 est une des plus belles de Boukhara d’après mon guide. B&B Hovli Poyon, 13 rue Usman Khodjaev.
Les ruelles sont écrasées de soleil. Visite d’un ancien caravansérail. Par un escalier dérobé, nous montons sur le toit, et arrivons au niveau des terrasses de la ville, toutes les constructions sont en briques, ce qui fait des couleurs très douces. Le soir, dîner près du grand bassin bordé de mûriers centenaires. Il apporte une note de fraîcheur et beaucoup de vie à ce quartier. Statue de Nasruddin, ce derviche voyageait sur son âne, il était une sorte de Robin des Bois local, beaucoup de légendes furent écrites à son sujet.
Visite de la Madrasa Nadir-Divanberg, mais il faut compter avec ses nombreux marchands installés à l’intérieur vous proposant mille et unes breloques, sacs, tapis, foulards de soie, céramiques, plats, ciseaux …
Visite de l’adorable petite madrasa du Tchor Minor, qui veut dire quatre minarets, on monte sur le toit grâce à l’escalier d’une des quatre tourelles.
Visite de la mosquée Magok-I-Attari, la plus ancienne (et ma préférée) d’Asie Centrale, la façade est en terre cuite sculptée et vernissée. Construite sur le site d’un ancien temple bouddhiste puis d’un temple zoroastrien dédié à la lune.
Visite de la Khanaka Nadir-Divanberg, elle accueillait autrefois en pèlerinage, les derviches tourneurs, ils logeaient dans les cellules qui entourent la mosquée aujourd’hui transformée en galerie d’art. Superbes décorations de moulures peintes en papier mâché. Déjeuner près du bassin et sieste indispensable, il fait une chaleur étouffante.
Visite des madrasas, Kosh, Oulougbek et Abdud Aziz Khan.
Notre guide nous rappelle que la première madrasa pour les femmes fût construite par Oulougbek à Samarkand.
Ballades, palabres avec les marchands, allers et retours parmi les milles et unes boutiques et étalages des ruelles de la ville …. Bijoux, tapis, kilims, foulards et babioles, herbes aromatiques, CD et cassettes de musiques orientales …
Et enfin l’inoubliable et magnifique ensemble Poy
Khalon. Cet immense ensemble architectural
Il comprend la madrasa Mir-I-Arab, toujours en activité de nos jours avec une centaine d’étudiants, c’est d’après notre guide la plus réputée du monde musulman. On y
étudiait aussi à l’époque soviétique.
Mais le plus
fascinant est à mes yeux la redoutable tour Poy Khalon. Nous avons grimpé comme autrefois le muezzin, pour l’appel à la prière, les 105 marches de ce minaret. Surnommée la tour de la mort, y
étaient précipités les malheureux condamnés. Autant dire que la vue de là haut est absolument
impressionnante. Cette tour était éclairée la nuit et servait ainsi de phare, les caravanes pouvaient se repérer. Sa construction de forme conique est
faite de briques.
Il faut flâner, prendre son temps, dans ce superbe
ensemble Poy-Khalon, il laisse au visiteur un sentiment de majesté, de grandeur mais aussi de recueillement notamment dans cette immense cour aux arbres centenaires où les croyants viennent
prier. C’est un lieu qui m’a fascinée et auquel je pense
souvent, un lieu qui restera inscrit dans ma mémoire très longtemps …
Magie de Boukhara.
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