L'arrivée à Samarkand se fait par de grands
boulevards construits par les Soviétiques, une ville assez moderne de prime abord mais qui abrite dans ses quartiers historiques les monuments légendaires de la route de la soie
…
Nous commençons notre visite par le marché , sous l’orage, des trombes d’eau comme il n’en est pas tombé depuis des mois, un déluge d’eau marron dévale bruyamment des gouttières … c’est le plus
fameux marché d’Ouzbékistan, et Bernard Ollivier dans son livre Longue marche II. Vers Samarcande en parle mieux que
quiconque « Comme
tous les bazars orientaux, celui-là regroupe les marchands par spécialité. Marché des épices, des graines, des légumes, des fruits frais, des sucres, des fruits secs, du matériel agricole, de
l’équipement des maisons, des tapis, des objets religieux, des vêtements … Il n’y a pas un, mais dix, cent bazars. S’y ajoutent des vendeurs ambulants qui offrent vêtements traditionnels ou
rouleaux de ficelle, ou encore des samsas tout juste sortis du four. Comme une étrave fend l’onde qui s’écarte et se referme sitôt le bateau passé, les commis se fraient dans la foule un chemin
pour leur chariot débordant de nippes, de ferrailles ou de victuailles … »
La mosquée
Bibi Khanum.
Bibi
Khanum était la femme préférée de Tamerlan, fille de l’empereur de Chine.
L'immense coupole bleue de la mosquée surgit derrière le marché, impressionnante de beauté « son dôme serait unique s’il n’y avait les cieux et unique serait son portail s’il n’y avait la voie
lactée »
Le Gour Emir, grandiose mausolée de Tamerlan, la coupole intérieure
est absolument magnifique, recouverte de feuilles d’or et de papier mâché en relief. Reposent également dans ce mausolée, ses fils et petits fils dont le préféré, le célèbre astronome et
physicien, poète et homme politique Oulougbek.
Le Registan qui signifie« place du sable » était le lieu où avaient notamment lieu les
exécutions, entourée de quatre minarets. C’était autrefois une place stratégique où avaient lieu toutes les manifestations publiques
La madrasa
Chir Dor érigée deux siècles plus tard est étonnante avec ses deux superbes tigres-lion ornant son portail. Mais ce qui est décevant en Ouzbékistan c’est la
présence d’échoppes, de magasins de souvenirs et d’antiquités dans les mosquées et lieu de visite. Cela gâche malheureusement la solennité de ces lieux chargés d’histoire. L’après midi visite de l’observatoire
d’Oulougbek, Il ne reste que la partie souterraine d’un sextant géant construit par ce grand astronome, mais aussi mathématicien et poète. A cette époque où les télescopes
n’existaient pas Oulougbek écrivit un catalogue astronomique où il recensa la position de plus de mille étoiles.
La nécropole
Shah-I-Zinda : innombrables mausolées tous plus superbes les uns que les autres et notamment l’un deux, magnifique dans lequel repose le cousin du prophète Mohamet. Ces
lieux sont tellement chargés d’histoire qu’il faudrait beaucoup de temps pour flâner entre ces superbes constructions aux différentes techniques décoratives et tant de styles architecturaux
allant du XI au XVème siècle …
Le Mausolée
Al Boukhari, à une trentaine de kilomètres au nord de Samarkand, du nom d’un des saints les plus vénérés d’Ouzbekistan, c’est un haut lieu de pèlerinage après La Mecque,
entièrement rasé et reconstruit par le président (dictateur) Karimov en 1998, l’ensemble architectural est un peu clinquant mais une ambiance de calme y règne, le recueillement des fidèles est
touchant et inspire le respect. Un immam accompagne les fidèles qui, après la prière, lui glissent un billet dans les mains. Notre guide nous explique que la moitié des travaux ont été payés par
l’Arabie Saoudite. Je flâne dans les boutiques avoisinantes et manque de craquer pour l’achat d’une horloge en
plastique verre pomme de la forme d’une mosquée.
BOUKHARA
Arrivée à
Boukhara par des petites ruelles poussiéreuses, sous une chaleur étouffante, impression d’un monde médiéval et lointain. Samarkand était une des villes les plus importantes
de la route de la soie.
Arrivée dans
notre hôtel : après avoir poussé une majestueuse porte de bois, on se retrouve dans une cour intérieure bordée d’un iwan (auvent ou
terrasse couverte dont le toit repose sur des colonnes de bois sculptées) une vigne rafraichit l’atmosphère au-dessus du charpaia (sorte de grand lit de bois recouvert de coussins sur lequel on
peut prendre des collations ou se reposer)
Cette maison date
de 1869 est une des plus belles de Boukhara d’après mon guide. B&B Hovli Poyon, 13 rue Usman Khodjaev.
Les ruelles sont écrasées de soleil. Visite d’un
ancien caravansérail. Par un escalier dérobé, nous montons sur le toit, et arrivons au niveau des terrasses de la ville, toutes les constructions sont en briques, ce qui fait des couleurs très
douces. Le soir, dîner près du grand bassin bordé de mûriers centenaires. Il apporte une note de fraîcheur et
beaucoup de vie à ce quartier. Statue de Nasruddin, ce derviche voyageait sur son âne,
il était une sorte de Robin des Bois local, beaucoup de légendes furent écrites à son sujet.
Visite de la
Madrasa Nadir-Divanberg, mais il faut compter avec ses nombreux marchands installés à l’intérieur vous proposant mille et unes breloques, sacs, tapis, foulards de soie,
céramiques, plats, ciseaux …

L’adorable petite
madrasa du Tchor Minor, qui veut dire quatre minarets, on monte sur le toit grâce à l’escalier d’une des quatre tourelles.
La mosquée Magok-I-Attari, la plus ancienne (et ma préférée) d’Asie Centrale, la façade est en terre cuite sculptée et
vernissée. Construite sur le site d’un ancien temple bouddhiste puis d’un temple zoroastrien dédié à la lune.

Visite de la
Khanaka Nadir-Divanberg, elle accueillait autrefois en pèlerinage, les derviches tourneurs, ils logeaient dans les cellules qui entourent la mosquée aujourd’hui transformée en
galerie d’art. Superbes décorations de moulures peintes en papier mâché. Déjeuner près du bassin et sieste
indispensable, il fait une chaleur étouffante.
Visite des
madrasas, Kosh, Oulougbek et Abdud Aziz Khan.
Notre guide nous
rappelle que la première madrasa pour les femmes fût construite par Oulougbek à Samarkand.
Ballades, palabres avec les marchands, allers et retours parmi les milles et unes boutiques
et étalages des ruelles de la ville …. Bijoux, tapis, kilims, foulards et babioles, herbes aromatiques, CD et cassettes de musiques orientales …
Et enfin l’inoubliable et magnifique ensemble architectural Poy Khalon.

Il comprend la madrasa Mir-I-Arab, toujours en activité de nos jours avec une centaine d’étudiants, c’est d’après notre guide la plus réputée du monde musulman. On y
étudiait aussi à l’époque soviétique.
Mais le plus
fascinant est à mes yeux la redoutable tour Poy Khalon. Nous avons grimpé comme autrefois le muezzin, pour l’appel à la prière, les 105 marches de ce minaret. Surnommée la tour de la mort, y
étaient précipités les malheureux condamnés. Autant dire que la vue de là haut est absolument
impressionnante. Cette tour était éclairée la nuit et servait ainsi de phare, les caravanes pouvaient se repérer. Sa construction de forme conique est
faite de briques.
Il faut flâner, prendre son temps, dans ce superbe
ensemble Poy-Khalon, il laisse au visiteur un sentiment de majesté, de grandeur mais aussi de recueillement notamment dans cette immense cour aux arbres centenaires où les croyants viennent
prier. C’est un lieu qui m’a fascinée et auquel je pense
souvent, un lieu qui restera inscrit dans ma mémoire très longtemps …

Magie de Boukhara.