Balladine
Récits et photographies de mes périples et balades
par delà les plaines et les montagnes
les villes et les campagnes
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte,
ne voit jamais autant de choses que celui
qui regarde une fenêtre fermée.
Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux,
plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant
qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle.
Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant
que ce qui se passe derrière une vitre.
Dans ce trou noir ou lumineux vit la vit,
rêve la vie, souffre la vie.
Par delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre,
ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose,
et qui ne sort jamais.
Avec son visage, avec son vêtement, avec presque rien,
j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende,
et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c'eût été un pauvre vieux homme,
j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d'avoir vécu
et souffert dans d'autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous :
« Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? »
Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi,
si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que suis ?
Charles Beaudelaire : les fenêtres
Magnifique et émouvant ! Merci pour ce moment de poésie en images.
Bises à toi
super cette idée de mettre des fenêtres, un beau coup d'oeil que tu as ... et le poème avec ... bravo
bises
Linge qui sèche
Volets oubliés..
Ad'a
ce texte est bien trouvé pour cesphotos!(insolites parfois!)
on aime bien "imaginer" ce qui se passe derrière une fenêtre fermée!
c'est Brel qui a fait une chanson sur les fenêtres,je crois?
bisous de Cayenne!
Je ne sais pas si Brel a fait une chanson sur les fenêtres, il va falloir que je cherche alors, finalement quand on manque un peu d'inspiration pour les textes, les poésies ou les paroles de chanson sont de bons support ...
Bises d'Ile de France où il pleut, il pleut et il pleut
bon week end
Merci, ce qui est particulier dans ces villes du sud, c'est l'habitude de regarder par les petites persiennes ouvertes en bas, les personnes âgées qui s'ennuient passent beaucoup de temps à regarder ce qui se passe dans la rue. Je vais ajouter une photo qu'une amie a prise, et l'on voit d'un côté un vieil homme et à l'autre fenêtre une vieille dame : la photo est très belle.
Bon week end.
Bises à toi
Ici pas de volet et des fenetres qui sont donc sans cette personnalité que l'on retrouve en corse ou en france
Mon jules a une moto voila pourquoi il ne veut pas que je conduise, il a peur que je lui casse la sienne!!!lol!!!
bisous
c'est superbe
j'adore
et puis je t'envoie cet oiseau qui est aussi parti en direction de Morsli
Merci Agathe tu es adorable.
Bises à toi,
Et c'est Agathe qui est contente ! après tout qui aime les portes aime les fenêtres.Je ne connaissais pas les belles lignes de Baudelaire.On peut effectivement imaginer tant d'histoires, tant de drames...derrière ces lieux clos.Elles sont jolies ces fenêtres qui ouvrent leurs paupières.Brel a écrit une chanson très caustique sur la rumeur et les on-dit en prenant les fenêtres pour sujet.
BISOUS.
Les fenêtres
by Jacques Brel
Quand notre cœur s'arrête
En croisant Louisette
Pour qui brûlent nos chairs
Les fenêtres rigolent
Quand elles voient la frivole
Qui offre sa corole
A un clerc de notaire
Les fenêtres sanglotent
Quand à l'aube falote
Un enterrement cahote
Jusqu'au vieux cimetière
Mais les fenêtres froncent
Leurs corniches de bronze
Quand elles voient les ronces
Envahir leur lumière
Les fenêtres murmurent
Quand tombent en chevelure
Les pluies de la froidure
Qui mouillent les adieux
Les fenêtres chantonnent
Quand se lève à l'automne
Le vent qui abandonne
Les rues aux amoureux
Les fenêtres se taisent
Quand l'hiver les apaise
Et que la neige épaisse
Vient leur fermer les yeux
Mais les fenêtres jacassent
Quand une femme passe
Qui habite l'impasse
Où passent les messieurs
La fenêtre est un œuf
Quand elle est œil-de-bœuf
Qui attend comme un veuf
Au coin d'un escalier
La fenêtre bataille
Quand elle est soupirail
D'où le soldat mitraille
Avant de succomber
Les fenêtres musardent
Quand elles sont mansardes
Et abritent les hardes
D'un poète oublié
Mais les fenêtres gentilles
Se recouvrent de grilles
Si par malheur on crie :
"Vive la liberté"
Les fenêtres surveillent
L'enfant qui s'émerveille
Dans un cercle de vieilles
A faire ses premiers pas
Les fenêtres sourient
Quand quinze ans trop jolis
Et quinze ans trop grandis
S'offrent un premier repas
Les fenêtres menacent
Les fenêtres grimacent
Quand parfois j'ai l'audace
D'appeler un chat un chat
Les fenêtres me suivent
Me suivent et me poursuivent
Jusqu'à c'que peur s'ensuive
Tout au fond de mes draps
Les fenêtres souvent {x3}
Traitent impunément
De voyous des enfants
Qui cherchent qui aimer
Les fenêtres souvent
Soupçonnent ces manants
Qui dorment sur les bancs
Et parlent l'étranger
Les fenêtres souvent
Se ferment en riant
Se ferment en criant
Quand on y va chanter
Ah, je n'ose pas penser
Qu'elles servent à voiler
Plus qu'à laisser entrer
La lumière de l'été
Non je préfère penser
Qu'une fenêtre fermée
Ça ne sert qu'à aider
Les amants à s'aimer
{2x}
Merci pour le texte de la chanson de Brel, je ne connaissais pas. En effet c'est plutôt caustique, du coup, j'ai inséré un lien sur un clip de l'époque, en fin d'article.
Bonne soirée à toi
moi aussi j'aime les portes et les fenêtres qd j'étais petite j'aimais bien m'imainer ce qu'il y avait derriere et parfois j'essaie de regarder encore !!!
le sommeil c'est là : page 4 sur mon blog ( voir index )
bisous d'iris
Oui, quand j'y repense, on est souvent tenté de regarder chez les gens quand c'est éclairé, comme les papillons par la lumière
Même travail pour les portes de Bonifacio...et les escaliers ...Aurons-nous assez de vies pour épuiser la beauté du monde ? LOL!
Bonne soirée